Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
   Home            Traversée Sénégal au Cap-Vert 13 au 16 novembre

NAVIGATION DE LA CASAMANCE À PRAIA AU CAP-VERT - 13 AU 16 NOVEMBRE 2011

Dimanche 13 novembre

Vers 12h15, nous levons l’ancre après que Josiane ait parlé au Réseau du Capitaine.

Nous connaissons maintenant la passe et l’équipage est beaucoup moins nerveux. 

Deux heures plus tard, nous atteignons le moteur après la sortie de la passe. Nous hissons les voiles. Le vent est de 10 noeuds, faible mais présent et nous permet de remonter au près vers Praia, au Cap-Vert.

À 17h45, le vent monte à 12-15 noeuds, nous filons à 5.5 noeuds au près serré. Mais nous n’utilisons pas le moteur ! François craignait devoir faire 24 à 30 heures de moteur pour s’éloigner des côtes de l’Afrique mais heureusement le moteur peut demeurer silencieux. 

Nous sommes toutes voiles dehors et la nuit se déroule sans problème. Il faut se réhabitués à faire des quarts ! 

Contrairement à l’allure de grand largue (où le vent provient de l’arrière) et que le bateau est à plat sur l’eau, l’allure de près serré positionne le bateau à un angle prononcé...et inconfortable. C’est difficile de se tenir bien calé dans le cockpit, de cuisiner, d’aller à la toilette et de dormir. Mais nous n’avons pas le choix !

Lundi 14 novembre

Vers 7h30, François réveille l’équipage pour prendre un ris dans la grand voile car Umialtak fait du saut à cheval sur les vagues et nous filons à plus de 8 noeuds ! Il vaut mieux ralentir la bête pour ne pas casser. 

C’est là la différence entre la balade du dimanche près de la maison où l’on veut impressionner la galerie et la navigation en haute-mer seuls et sans possibilité de réparer au large. Il faut ménager le bateau pour ne pas se retrouver en situation précaire ou carrément dangereuse pour l’équipage.

Nous filons entre 5 et 6 noeuds et tout se déroule bien. Nous sommes souvent installés les quatre dans le cockpit, dans un espace d’à peine 40 pieds carrés, et nous discutons de tout et de rien. Parfois nous pouvons être plusieurs minutes sans parler.

La nuit se déroule bien même si l’on sent que l’équipage est fatigué par cette navigation éprouvante pour le corps.

Mardi 15 novembre

Le vent est toujours bien présent et nous sommes dans l’obligation de prendre un deuxième ris et d’enrouler le tiers du génois. Le bateau file à plus de 7 noeuds toujours au près serré avec un courant de 0.5 noeuds dans le nez. La mer est très houleuse avec des creux de plus 6 mètres. Certaines vagues sont vicieuses et nous arrosent copieusement. 

Mercredi 16 novembre

L’une d’elles, tombe littéralement sur le dessus du bimini (à plus de 3 mètres de la surface de l’eau !). FX, CA et François sont complètement détrempés ! Comme le contenu d’une piscine qui te tombe sur la tête. Le cockpit est plein ! Les fenêtres de la chambre de FX sont ouvertes et ses draps accueillent une vague. L’eau entre par la descente et mouille le plancher du carré en plus de toute l’eau qui est entrée par les dorades et deux hatchs mal fermés ! 

Josiane est découragée ! Le lit de quart, le lit dans notre chambre et le lit de FX sont détrempés. Beau lavage en perspective !!!

Au moins nous serons au mouillage avant la nuit. Bonne nouvelle ! Nous pourrons ainsi sortir des draps secs dans un bateau à plat.

À 17h, nous sommes ancrés à Praia, Ile de Santiago au Cap-Vert. Nous avons donc parcourus 437 miles en 77 heures et ce, au près serré. Umialtak est un bateau très surprenant à cette allure. Il nous a inspiré une grande confiance. Certaines vagues tapaient très fort dans la coque et jamais nous n’avons douté de sa solidité. L’accastillage de fort calibre sécurise l’équipage lorsque l’on sent la puissance du vent dans les voiles.

Nous sommes fiers d’être à l’abri pour profiter d’une bonne nuit de sommeil. 

Nous rencontrons Yves et Évelyne, des marins Français rencontrés à Dakar et par la suite croisés en Casamance. Ils nous donnent les bons tuyaux pour accomplir les formalités demain matin. Yves nous prête même des escoudos (110 escoudos = 1 euros) pour payer le taxi afin de se rendre à la banque. 

François est exténué. À 19h30, il dort. Le reste de l’équipage ne tardera pas à rejoindre le pays des rêves.