Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
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TRAVERSÉE CANARIES - DAKAR 13 AU 21 OCTOBRE

Jeudi 13 octobre

La navigation de 930 miles entre les Iles Canaries et le Sénégal est notre deuxième plus longue traversée, la première étant notre traversée de l’Atlantique de Port Hawkesbury en Nouvelle-Écosse à Florès aux Açores (12 jours). Nous prévoyons entre 8 et 10 jours en mer.

Pour la première fois, le capitaine est nerveux. La traversée est longue et il y a des risques de coup de vent. De plus, les côtes mauritaniennes n’ont pas bonne réputation et nous rappellent les actes de piraterie qui sévissent du côté de l’Afrique de l’Est. Comme à chaque départ, c’est difficile de laisser la sécurité du port et ses services pour l’inconnu de la prochaine destination et l’incertitude de la navigation. 

Le bateau est prêt. Les pleins de diesel, d’eau et de nourriture nous permettent de voyager longtemps sans ravitailler. Umialtak est le bateau de voyage idéal avec ses capacités de chargement mais surtout pour la confiance qu’apporte sa coque d’acier solide. Umialtak ne craint pas le gros temps...c’est l’équipage qui l’aime moins !

Avec notre départ, nous laissons Ann et Stéphane de SAS3 qui demeureront encore quelques semaines aux Canaries avant d’amorcer leur traversée vers les Iles françaises des Antilles à la fin du mois de novembre. Nous souhaitons vivement nous croiser là-bas. 

Vers 10h, nous laissons le quai de la Marina San Miguel. Le vent est assez fort avec 20 à 23 noeuds. La mer se montera sûrement dans la journée. Pour nous éloigner à plus de 150 miles des côtes de l’Afrique, le capitaine décide de faire une route sud-ouest ce qui nous amène vent arrière. Pas l’idéal. Le bateau se comporte bien et la journée passe rapidement. Souper de vol-au-vent au poulet. Pour la nuit, nous prenons un ris dans la grand-voile.

Vendredi 14 octobre

Avec le beau vent...la belle mer ! Nous sommes dans une houle de 4 mètres avec des vents de 16 à 22 noeuds. Nous pensons alors à tous ceux qui nous ont dit qu’ils trouvaient notre projet fantastique mais qui ne prendraient pas la mer avec nous !

Nous progressons très bien et nous sommes encouragés par notre vitesse. 

Arriverons-nous plus tôt que prévu ?

Vers la mi-journée, nous prenons une route vers le sud ce qui nous amène au largue, une allure beaucoup plus confortable que le vent arrière.


Ce soir le Mexique est à l’honneur et les tacos sont au menu.

Samedi 15 octobre

Nous avons parcouru 248 miles depuis le départ. La navigation se déroule très bien. La routine s’installe et la vie à bord est confortable.

Toute la journée, les vents demeurent autour de 18-20 noeuds, c’est parfait. Nous sommes maintenant au travers/largue. 

De l’asiatique au menu: poulet Général Tao, la fameuse recette à Gene. Il faut noter que tous ces  plats ont été préparés la veille du départ.

Comme c’était trop beau pour durer, le vent nous lâche vers 2h de la nuit. Nous partons notre Ricky Perkins pour continuer à avancer car la mer est formée.

Dimanche 16 octobre

Vers 9h30, faisons une tentative à voile mais le vent ne forcit pas. C’est donc du moteur, du moteur et encore du moteur. C’est très pratique mais ça tombe sur les nerfs à la longue ! Maudit pétole !

À 17h, nous hissons de nouveau les voiles en tangonnant le génois pour plus de confort  et de sécurité durant la nuit.

Josiane débute un mal de gorge...le spectre de l’amygdalite en mer fait rapidement surface et nous inquiète. Josiane se repose et dort lorsqu’elle est hors quart.

Lundi 17 octobre 

Bonne fête Charles-Antoine ! 11 ans déjà ! 

Le vent se maintient autour de 10-12 noeuds. Nous naviguons toutes voiles dehors en espérant gagner 1 ou 2 noeuds mais 4 noeuds est notre vitesse maximale pour la journée. Ce n’est pas rapide mais nous avançons dans la bonne direction. L’équipage est unanime: une journée de plus ou de moins...c’est pas grave !

La nuit, les cargos apparaissent sur le radar. Parfois 5 ou 6, au loin ou plus près mais jamais en route de collision. De toute façon, nous veillons au 20 minutes pour nous assurer que tout va bien.

Comme à chaque midi depuis le départ, Josiane parle au Réseau du Capitaine. C’est une équipe sympathique et c’est agréable de parler au gens du Québec en sachant que nos proches écoutent.

Pour le souper de fête, CA souhaite du chili corn carne et un gâteau Reine Élizabeth. Nous n’avons pas la recette à bord. Il a reçu le DVD Les Parent pour son anniversaire. Nous écoutons, Les Parent de Radio-Canada en pleine mer !


Une petit courriel et un mot sur le Réseau et Bobo nous fait parvenir celle-ci avec son habituelle efficacité ! Merci Bobo de veiller sur nous à distance ! Le gâteau sera délicieux même s’il cuit avec une légère pente à cause de la gîte du bateau.


Charles-Antoine est très content des cartes reçues de ses grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, quelques BDs et du DVD de la saison 1 de l’émission Les Parents. Il y aura des séances TV avec l’ordi dans le cockpit. Cette émission est savoureuse et c’est toujours un plaisir de l’écouter en famille! Les cartes, collectées en cachette avant notre départ par Josiane pour chacun des anniversaires des membres de l’équipage, nous permettent de sentir la présence de nos parents même s’ils sont loin de nous. On sait qu’ils pensent à nous, tout comme nous pensons à eux.


Après le souper, nous faisons une petite partie de 500 dans le cockpit. C’est irréel...jouer aux cartes (avec un jeu aimanté) en pleine mer avec l’Afrique à moins de 200 miles. 

Mardi 18 octobre

Vers 8h, le vent tombe encore. Nous démarrons le moteur. Nous l’éteignons à 15h45. Encore 8 heures de moteur qui s’accumulent au compteur...

Nous passons la nuit sous voile avec très peu de vent (6-8 noeuds). La mer est calme.

Nous avons la visite de passagers clandestins. Deux oiseaux viennent se poser pour se reposer. Ils ne sont pas peureux, un canari fera la visite intérieure du bateau après être passé sur les jambes de François étendu dans le cockpit. L’autre, un pluvier, passera l’après-midi sur le dodger (toit de toile au-dessus du cockpit) et nous le baptiserons Margot.


Nous observons de nombreux poissons volants. C’est très impressionnant. Ils planent sur de longues distances avant de replonger dans la vague. Ils sont partout !

Pour souper, FX nous prépare une excellente pizza maison.

Nous devons encore redémarrer le moteur durant la nuit.

Mercredi 19 octobre

À 7h45, nous hissons les voiles car le vent semble revenu pour de bon. 15 noeuds avec une mer calme. C’est très agréable.

La journée passe vite entre les repas, le Réseau, le travail scolaire et la lecture.

Une journée intéressante au niveau de l’observation des animaux: six tortues, des dizaines de dauphins, des centaines de poissons volants et même des globicéphales.

Notre chef boulanger FX nous prépare deux belles baguettes. Le vent reste établi pour la nuit.


Jeudi 20 octobre

Le vent est de 22 noeuds ce matin et nous filons à vive allure ! 

Plus de 7.5 noeuds avec des pointes à plus de 8. Mais il ne faut pas aller trop vite car nous arriverions de nuit !

Quand nous voulons faire beaucoup de miles dans la journée...il ne vente pas assez et maintenant que nous sommes presque arrivés, il faut ralentir !!!

Nous réduisons la voilure pour maintenir notre vitesse à 5 noeuds. Ainsi notre arrivée au Cercle de la voile de Dakar devrait se faire tôt vendredi matin.

Nous naviguons donc avec deux ris dans la grand-voile et le génois enroulé du quart.

La mer est forte et plusieurs cargos rôdent autour. Nous approchons de Dakar et de son grand port commercial.

Bonne nouvelle, le mal de gorge de Josiane est passé ! Touchons du bois pour ne pas voir apparaitre les symptômes de l’amygdalite.

Charles-Antoine observe les étoiles et nous présente...la grande lactée...et l’ours polaire ! Il nous fait bien rire.

En mer, les conditions sont incroyables pour l’observation du ciel. Au large, on se trouve petit et seul sur cette planète, un sentiment qui grandit quand nous observons  l’immensité de notre système solaire!

Vendredi 21 octobre 

À 2h, panne de vent. Josiane réveille François pour démarrer le moteur. Nous en profitons pour transférer du diesel dans la day tank. Il nous reste 28 miles à parcourir avant Dakar.

À 9h30, nous ancrons au Cercle de la voile de Dakar dans la Baie de Hann, un club privé où il faut devenir membre. Ce sont des bénévoles qui gèrent le CVD aidés d’une équipe de travailleurs. 


La suite... Dakar - 22 au 27 octobre