Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
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ST-MARTIN

Lundi 30 avril

Nous quittons l’Ile Fourchue à 8h30. On déroule le génois. Nous naviguons vent arrière dans une mer désagréable avec des vagues de 2 à 3 mètres.

À 11h, nous entrons dans Simpson Bay. Nous sommes en attente de l’ouverture du pont pour entrer dans le lagon. 

Vers 11h20, Ann de SAS3 communique avec nous pour nous dire qu’il faut faire les formalités d’entrée avant de passer le pont !

À 11h30, la lumière verte s’allume et nous entrons dans le lagon sans faire les formalités. 


Nous apercevons SAS3 sur la gauche. Ann et Stéphane viennent à notre rencontre en annexe. Nous voyons Otter II au mouillage. Nous jetons la pioche juste derrière eux dans 8 pieds d’eau.

À 13h, nous allons du côté français pour faire les formalités d’entrée et peut-être payer le pont... Pour l'instant, personne ne nous parle de payer le pont...

Le bureau des douanes est fermé. Nous découvrons une belle pâtisserie et nous achetons quelques pains au chocolat et des croissants pour demain matin. Tout juste à côté, nous trouvons un réseau Internet pour mettre la page du site à jour et communiquer par Skype.

En revenant vers l’annexe, nous croisons Jean et Marjo qui nous indiquent d’aller à la Capitainerie de la marina pour faire les formalités. 

Nous arrêtons à l’épicerie pour acheter quelques denrées pour le souper. De retour au bateau, nous discutons avec Ann et Stéphane. Ils sortiront du lagon demain matin pour se diriger vers la Baie de Marigot.


Après une fondue aux fromages, nous lisons un peu avant de tomber dans un profond sommeil...il est 20h !

Mardi 1er mai

François frotte l’inox en se levant. Il tente de réparer le ventilateur de la chambre du capitaine mais sans succès. L’appareil semble décédé. Demain, nous irons magasiner chez Budget Marine...

CA fait des maths, il travaille bien ces jours-ci...on en profite, il ne reste que quelques pages à son cahier.

À 11h30, SAS3 passe le pont pour aller s'ancrer dans la Baie de Marigot.

En fin d’avant-midi, nous allons faire une reconnaissance du côté hollandais de l’ile pour mettre le site Internet à jour. FX et François dîne à l'Arche dorée.

Après-midi de magasinage dans les shiplanders. Soirée calme au bateau.

Mercredi 2 mai

Petite journée calme dans le lagon. 

Nous profitons des différents shiplanders pour acheter plusieurs items. Deux ventilateurs pour remplacer ceux qui ont rendu l’âme, du cordage fin pour retenir le filet qui ceinture le bateau, de l’imperméabilisant pour le  dodger et le bimini et quelques autres petits cossins ce qui nous mènera à près de 500 $. Nous avons ouvert des comptes donc nous profitons de rabais de 10% à 20% en plus de ne pas payer de taxes. Comme le dollar américain est presque au pair avec le dollar canadien, c’est beaucoup plus avantageux que d’acheter en euros.

C’est toujours presque rien mais lorsque tu arrives à la caisse.... Comme nous voulons que notre bateau demeure en excellent état, nous faisons les achats nécessaires.

Jeudi 3 mai

Aujourd’hui, c’est la priorité au ménage. François travaille fort pour remplacer le cordage qui retient le filet. 

Nous allons faire une visite du côté hollandais en après-midi. L’architecture et l’aménagement sont moins beaux que du côté de Marigot. Nous visitons l’arche dorée pour accéder à Internet.


En fin d’après-midi, c’est le déluge qui commence ! Il pleut, il tonne, il éclaire une grande partie de la soirée. La quantité d’eau qui tombe du ciel est ahurissante. François et CA vont même prendre une douche sur le pont en habit d’Adam. Ça tombe comme dans la douche !

Il pleut tellement que nous devons fermer les hatchs même avec les parapluies en place. La pluie forte cesse vers 23h. Nous récupérons près de 40 litres d’eau de pluie.

Vendredi 4 mai

Ce matin, pas un pet de vent. Nous nous croyons sur un lac tellement c’est calme. François termine son installation de cordage, il imperméabilise le bimini tandis que FX répare quelques déchirures dans le filet. 


Josiane continue le ménage intérieur et l’inventaire des vivres.

Vers 13h30, nous levons l’ancre pour nous rendre à la marina Palapa au quai des mégayachts. Umialtak retrouve enfin sa place auprès des plus gros ! C’est une farce car notre voilier ressemble à une annexe à côté de ces super-voiliers.

Nous faisons le plein des réservoirs d’eau car nous sommes presque qu’à sec. Notre dernier plein remonte à Falmouth Harbour à Antigua. Le préposé nous branche à la borne et nous débutons le plein. La pression est très forte et les réservoirs se remplissent rapidement. Un bon vingt minutes est nécessaire pour remplir les trois réservoirs et quelques bidons. 

Le préposé demande à François combien de litres il croit avoir mis dans les réservoirs. François lui répond: probablement autour de 800 litres...

Le préposé regarde son compteur d’eau et annonce: 14  

14 quoi ? 

14 gallons ! (ça équivaut à 63 litres)

François lui répond: Finalement, j’en ai moins mis que je croyais !!! 

Nous payerons donc 2,80 US$ pour près de 1000 litres d’eau ! 

Après le pont où nous avons passé sans payer voici maintenant l’eau presque gratuite ! Nous devrions acheter un billet de loterie...

Nous continuons avec le plein de diesel. Tout se déroule bien et nous remplissons les réservoirs à ras-bord. Près de 130 litres de fuel. Après quelques vérifications auprès de différentes marinas, c’est ici que le diesel est le moins cher à 1,15 US$ le litre.

Nous souhaitons payer mais la responsable de la marina est partie à la banque. Nous allons donc chez McDo pour prendre les messages et Skyper le beau-frère pour sa fête.

Retour à notre mouillage à 16h30. François et CA vont faire des courses pour le souper du côté français. Ils achètent tout ce qu’il faut pour un souper baguettes, pâtés, fromages et vin. Vive la France !

Nous revenons au bateau et Jean et Marjo jasent avec Josiane et FX. Nous discutons un peu et François aperçoit la baguette au dos de Marjo. Il leur demande quel sera le menu du souper...et eux aussi mangeront baguette, pâtés et fromages. François leur propose donc de se joindre à nous.

Nous partageons notre repas et le bon vin. Nous discutons de tout et de rien dans la bonne humeur. Jean en profite pour expliquer à CA et FX l’expression filer sur l’eau

Vers 22h, Jean et Marjo retournent sur Otter II tout juste à côté d’Umialtak. Les batteries étant faibles après ces quelques jours nuageux, nous tentons de faire fonctionner la génératrice sans succès. Zut de zut! On vérifiera ça demain, en attendant, une petite heure de moteur.

À 23h, tout le monde est au lit.

Vers 2h30, FX se pointe à la porte de la chambre de ses parents. 

Il ne file pas depuis près d’une heure... Ça lui pique dans l'aine et il a la lèvre enflée. 

Ce que nous redoutions le plus de notre voyage, c’était une réaction allergique de FX. Nous y sommes. FX est allergique aux noix et il a fait plusieurs chocs anaphylactiques.

Il est 2h30 de la nuit, nous sommes mouillés en plein centre du lagon et l’hôpital le plus près est à Marigot du côté français et les rues de Marigot n’ont pas bonne réputation la nuit.

Nous observons FX. Ce n’est pas encore un rash mais il est évident qu’il réagit fortement. Josiane lui donne deux comprimés de Bénadryl. Habituellement, cela ralentit la réaction allergique.

Après 35 minutes, pas de réaction. Ça lui démange de plus en plus. 

Deux options s’offrent à nous: Descendre l’annexe, foncer vers Marigot (plus d’un mile), attacher le youyou au quai, trouver un taxi et aller directement à l’hôpital.

Deuxième option: Administrer une dose d’épinephrine (adrénaline) intramusculaire pour arrêter la réaction allergique. Après discussion, nous optons pour l’épinephrine.

François-Xavier se l’administre lui même. Il a souvent fait des démonstrations mais jamais, lui ou nous, avons utilisé l’Épipen.

Il se pique directement dans la jambe. Nous surveillons son rythme cardiaque. 

Après 25 minutes, la réaction semble s’atténuer grandement. L’urticaire diminue et nous  croyons que nous avons mis fin à la réaction allergique. Josiane retourne au lit et François assure la veille du malade. Il est 3h35.

À 4h20, la réaction reprend de plus belle. 

De nouvelles plaques d’urticaires apparaissent dans l’aine. Notre stress reprend. 

Nous devons prendre une nouvelle décision: l’hôpital d’urgence ou une deuxième dose d’adrénaline ? 

François propose une 2e dose. 

Si cela ne stoppe pas la réaction, nous irons le plus vite possible à l’hôpital. 

Après une brève discussion, FX s’injecte l’Épipen dans l’autre cuisse.

La réaction est moins brutale sur le coeur et FX ressent rapidement les effets sur l’urticaire. Il se couche dans son lit. François veille le malade avec une observation des symptômes aux dix minutes. 

Vers 5h15, FX s’endort. C’est un bon signe. Lors des réactions antérieures, lorsque FX s’endort, c’est que la réaction est terminée. Il est habituellement épuisé.

Nous assurons une surveillance jusqu’à 5h45. Tout est bien terminé. Pas de troisième vague. Nous sommes soulagés d’avoir pris les bonnes décisions.

Il faut maintenant analyser d’où provient cette réaction. Des noix dans les pâtés ? Des baguettes contaminés ? Une contamination croisée avec les couteaux utilisés à l’épicerie ? Nous prendrons en note les ingrédients consommés. 

Il faut maintenant dormir...la clarté est déjà là ! 

Samedi 5 mai

Lever vers 9h car la nuit à été très dure. Après discussion avec Marjo et Jean, il n’y avait aucune noix dans les plats qu’ils avaient apportés. C’est probablement une contamination croisée avec les couteaux de boucher lors de l’achat des pâtés.

FX dort jusqu’à 11h30 tandis que CA, Josiane et François vont faire un avitaillement du côté hollandais.

Après le dîner, nous allons réserver le resto pour ce soir et faisons les formalités de sortie de St-Martin. 

Josiane en profite pour magasiner un maillot de bain avec Ann. Elle trouvera un modèle qui lui plait. Semble-t-il que moins il y a de tissus, plus ça coûte cher...

Nous profitons de notre dernier après-midi dans le lagon de Simpson Bay pour continuer l’avitaillement avant le départ. Nous allons du côté français pour le champagne (un magnum à boire lors de notre arrivée aux Iles) et de bons fromages. Les jeunes font une provision de Schweppes agrumes.

En magasinant, nous croisons l’équipage d’Océana 1 à qui nous donnons des informations sur les Açores et l’équipage d’un autre voilier québécois, le Pierre et Hélène, qui viennent de la ville de La Baie.

François retourne du côté hollandais pour se procurer des dollars américains en prévision de notre séjour aux Iles vierges.

Retour au bateau car il faut prendre une bonne douche avant de se rendre au resto à 19h.

Nous quittons en même temps que Jean et Marjo pour nous rendre du côté français. 

Nous passons une agréable soirée à une table du Café de Paris. Le service est très moyen mais la nourriture est excellente (des moules de IPE). 


Est-ce que cela sera notre dernier souper tous ensemble ?

Nous quitterons probablement St-Martin mercredi en fin de journée, Otter II souhaite quitter vers Curaçao aussitôt qu’une fenêtre météo s’ouvrira (probablement vendredi). 

Nous revenons au bateau vers 22h, bien fatigués. Demain, il faut se lever assez tôt car nous voulons sortir du lagon en empruntant le pont français qui donne dans la Baie de Marigot. Le pont ouvre à 8h15.

Dimanche 6 mai

Le réveil sonne à 6h45 et, sans lui, nous n’aurions pas passé le pont ce matin !

À 7h30, nous levons l’ancre en simultané avec Otter II. 

Jean et Marjo nous suivent de près car Otter II doit avoir au minimum 2m10 de profondeur d’eau. Le lagon n’est pas balisé entre notre mouillage et le chenal pour le côté français. Nous passons donc en premier en surveillant le profondimètre. Nous allons lentement et tout se passe bien.

En approchant du pont, c’est Umialtak qui touche le fond. Rien de grave car nous relevons un peu plus la quille et continuons notre route. Cependant, nous faisons de grands signes à Otter II pour qu’ils ne passent au même endroit que nous.

Nous jetons l’ancre devant le pont. Nous patientons 30 minutes et le pont se lève pour nous laisser passer. Ce pont est gratuit. 


Notre séjour dans le lagon ne nous aura finalement rien couté ! C’est économique St-Martin...

Nous passons à côté de SAS3 pour saluer Ann qui nettoie sa coque au vinaigre pour enlever le sel. Nous les verrons peut-être en fin de journée à Grand Case.

Nous naviguons les 2.5 miles vers Grand Case à moteur. Nous mouillons du côté droit de la baie dans 10 pieds d’eau.

En début d’après-midi, nous allons faire de l’apnée au Rocher créole tout près derrière le voilier.


Avec Marjo et Jean, nous découvrons de magnifiques fonds marins et de nombreux poissons. Charlot et François feront la rencontre d’un gros barracuda de plus d’un mètre ! Il a un regard agressif mais il nous observe sans bouger. Nous accélérons le rythme jusqu’à l’annexe. 

Nous avons réalisé le tour complet du rocher, une plongée d’une heure. 

Retour sur Umialtak pour lire un peu avant de préparer le repas. Finalement nos amis Ann et Stéphane resteront à Marigot en attente d’une pièce qui devrait arriver demain. Nous les verrons peut-être par la suite. 

Soirée cinéma au bateau et comme c’est souvent le cas, François s’endort dans le carré après 30 minutes. Il se dirige vers sa chambre tandis que les autres continuent l’écoute du film. Il est seulement 20h15 !

Lundi 7 mai

Il a plu beaucoup pendant le nuit et, ce matin, l’eau de la baie est brune. L’eau vaseuse des montagnes se jette dans le lagon et se déverse dans la mer ce qui colore celle-ci. Ça ne donne pas vraiment le goût de se baigner.

Comme il n’y a pas beaucoup de soleil ces jours-ci, les batteries demandent d’être rechargées. François tente de démarrer la génératrice mais la corde du démarreur lui reste dans les mains. *&?@$!

Nous avions fait une première réparation de la corde il y a quelques semaines mais là, elle n’est plus assez longue et nous devrons la changer au complet.

François démonte la coquille extérieure pour avoir accès au lanceur. Une chance que nous avions acheté plus de corde que nécessaire pour le filet, cela nous permettra de remplacer celle du lanceur.

François travaille patiemment durant près de 2 heures pour finaliser la réparation. C’est un succès ! Elle démarre au quart de tour. Nous rechargeons les batteries à fond.

Après le dîner, Josiane, FX et François vont faire une visite à terre pour découvrir le village de Grand-Case. Il fait chaud et le soleil brille.

Nous découvrons un petit village en longueur qui borde la mer. Plusieurs restaurants et quelques boutiques agrémentent la rue principale.

Nous achetons quelques souvenirs avant de nous rendre au Calmos Café pour obtenir un réseau Wi-Fi. Jean et Marjo viennent nous y rejoindre pour, eux-aussi, utiliser le réseau Internet. 


Nous en profitons pour Skyper et mettre le site à jour. À 17h45, nous retournons au bateau pour préparer le repas.

SAS3 ne viennent toujours pas nous rejoindre. Demain, ils installeront leur nouvelle pompe pour l’eau douce à bord et termineront de réparer quelques bricoles.

Souper, visionnement d’un épisode des Parents et dodo.

Mardi 8 mai

Il fait beau ce matin. Le vent est très calme.

À 10h30, nous allons plonger en apnée au Rocher créole avec Otter II. 

Dîner au lolo avec Otter II pour déguster des côtes de porc sur le BBQ, une spécialité locale. Nous sommes tous rassasiés. Nous revenons au bateau.

À 14h30, nous levons l'ancre en direction de l'Anse Marcel à 2 miles de Grand-Case. Après 20 minutes, nous sommes dans l'anse.

Otter II s’ancre juste derrière nous. Nous sommes six bateaux au mouillage.


François et FX prennent leur équipement d’apnée pour aller nettoyer la coque d’Umialtak. Nous utilisons des brosses, plus efficaces que les grattoirs. Après plus d’une heure de frottage, ils prennent une pause bien méritée. 

Demain, nous continuerons en plongée avec l’équipement que Jean et Marjo nous proposent.

Nous allons faire une reconnaissance à terre pour trouver du Wi-Fi et tenter d’accéder à la piscine.

C’est une belle petite marina dans les palétuviers. Il y a beaucoup de moustiques. Nous entrons à l’hôtel pour visiter les lieux. L’hôtel Radisson est bien sécurisé et nous nous heurtons aux portes magnétiques de la piscine. Josiane se renseigne auprès du préposé à la piscine.

Il n’y a pas de problème pour accéder à la piscine...nous avons un forfait pour cela.

Vous avez seulement à aller à la réception, je crois que c’est 30 euros pour la journée.

Nous nous rendons à la réception. Le préposé ne sait pas trop...il croit que c’est 20 euros. Il vaudrait mieux parler à la concierge de l’hôtel...

La concierge ne sait pas trop car la personne responsable n’est pas là...elle croit que c’est 40 euros par personne pour la journée...Revenez demain matin, j’aurai l’info.

Notre réflexion est assez claire: 

À 40 euros par personne, ils peuvent bien se la mettre quelque part leur piscine !

Charlot est très déçu. L’hôtel est vide, nous sommes en basse saison et ils ne comprennent pas que si nous utilisons la piscine, nous prendrons des petits drinks et ils ne perdront pas d’argent avec nous. Ce n’est pas grave, nous profiterons de la mer.

Nous mettons le site à jour et envoyons quelques courriels avant de revenir au bateau car nous sommes envahis par les moustiques.

Préparation du souper et lecture par la suite. 

Mercredi 8 mai

Nous préparons doucement notre départ prévu ce soir ou demain soir. François termine l’imperméabilisation du bimini et des coussins de cockpit. Il fait le grand ménage du cabanon et en profite pour éliminer les contenants à moitié plein qu’il transvide dans d’autres.

Jean nous apporte l’équipement de plongée pour nettoyer le reste de la coque. C’est FX qui fera le travail. Il est content car il aime beaucoup plonger. Avec les compétences et l’expériences acquises avec Stéphane, il est prêt pour cette tâche.

Jean lui explique comment utiliser son équipement et lui rappelle les consignes de sécurité.


FX termine son petit-déjeuner et le voilà à l’eau. Cela se déroule très bien et Josiane le surveille constamment pour s’assurer que tout est o.k. 

Un petit poisson noir avec la queue jaune l’accompagne dans le nettoyage. Nous le nommerons Doris (comme dans le film Nemo).

La tâche lui demandera plus d’une heure trente. La coque est maintenant propre comme lors de notre départ des Iles, c’est à dire impeccable. Bravo FX et merci Jean et Marjo !

Nous allons à terre pour consulter les dernières prévisions de vent et de pluie. La situation n’est pas simple car c’est presque la même prévision pour les deux jours. Après une analyse plus approfondie, l’équipage décide de partir ce soir. Il y a moins de risque d’orages que dans la nuit de jeudi à vendredi.

Comme SAS3 est encore à Marigot Baie, nous passerons les saluer avant notre départ. Il est hors de question de ne pas les revoir une dernière fois avant notre retour vers le Québec. Nous quitterons donc l’Anse Marcel à 16h.

Derniers préparatifs pour la navigation et préparation des repas par Josiane. Nous préparons toujours au moins deux repas à l’avance car lorsque nous débutons une navigation, nous n’avons pas toujours le goût de cuisiner.

Vers 14h30, Jean et Marjo viennent sur Umialtak pour regarder les cartes de Curaçao où ils se rendront pour remiser le bateau pour la saison des ouragans. 

Notre carte C-Map mégawide couvre cette zone et ils souhaitent avoir des précisions de l’entrée de la baie où ils iront. Comme c’est une petite baie secondaire, notre C-Map n’a pas les précisions qu’ils recherchent. Nous en profitons pour leur montrer l’entrée du Golfe St-Laurent et les Iles-de-la-Madeleine. Peut-être verrons-nous un jour Otter II franchir la baie du Havre-Aubert ? 

Josiane a préparé un petit sac souvenir pour eux avec des soupes aux nouilles (ce n’est pas un secret que l’achat de trois caisses au départ c’était trop !) et du sirop d’érable du Québec.

Nous faisons nos adieux à Jean et Marjo, c’est intense car nous avons passé de très beaux moments ensemble dans les deux derniers mois. Nous nous souhaitons de belles navigations.

Nous terminons les dernières tâches à faire et à 16h, tout le monde est sur le pont à s’affairer à ses tâches pour le départ.

Comme nous amorçons la levée de l’ancre, le haut-parleur de mât de Otter II projette la musique Un phoque en Alaska !

C’est sur... Cré moé cré moé pas, quelque part en Alaska, Y a un phoque qui s’ennuie en maudit, sa blonde est partie, gagner sa vie, dans un cirque aux États-Unis...

Ça ne vaut pas la peine, de quitter ceux qu’on aime, pour aller faire tourner un ballon sur son nez, ça fait rire les enfants, ça dure jamais longtemps, ça fait pu rire personne quand les enfants sont grands... 

Josiane est en larmes et nous avons tous un noeud dans la gorge. Nous passons tout près d’Otter II pour sortir de l’anse.

Marjo agite vigoureusement leur gros drapeau belge et Jean nous salue... Les équipages des bateaux avoisinants regardent la scène avec attention.

Cette mise en scène restera à jamais gravée dans nos souvenirs. 

Nous les saluons de la main jusqu’à la sortie de l’anse. Adieu Otter II !

Le silence demeure à bord quelques minutes.


Nous hissons finalement le génois pour aller un peu plus vite. Nous faisons route voile et moteur jusqu’à Marigot Baie à 4.5 miles.

À notre arrivée dans la baie, nous voyons SAS3 devant nous, Ann et Stéphane sautent dans leur annexe pour venir nous saluer.

Josiane leur remet aussi un petit sac avec des soupes et du sirop. Nous discutons un peu en avançant vers la sortie de la baie.

Comme nous avions rencontrés SAS3 à la Marina Rubicon pour la première fois cela fait plusieurs mois que nous les côtoyons. 

L’amitié qui nous lie maintenant est grande. Nous avons partagé plusieurs repas et 5 à 7, Stéphane a initié François-Xavier à la plongée... Résultat des courses (expression de Stéphane et retenue par les gars!), nous avons passé des moments exceptionnels avec Ann et Stéphane. 

Comme ils sont dans leur annexe et que nous avançons doucement, nous nous donnons des bisous volants. Nous les saluons de la main et quittons St-Martin. 


Au revoir SAS3 !  Nous resterons en contact...

Encore une fois, un grand moment de silence à bord...

C’est une journée très difficile pour les émotions...

Doucement le vent lève. Nous filons à 4 noeuds...FX aimerait aller plus vite mais le vent n’est pas plus fort.

Nous soupons et nous préparons pour les quarts de nuit. CA s’aperçoit que Doris (le petit poisson noir) est caché dans un des trous d’évacuation du cockpit ! Elle a décidé de changer de pays et de faire le voyage avec nous !

La mer est croisée et le bateau se fait secouer de gauche à droite. Ce n’est pas très confortable. Les vagues sont petites mais ça secoue.

Charlot débute son quart à 19h. FX et François vont se coucher. Josiane reste dans le cockpit avec CA.

À 22h, CA va se coucher et FX se lève pour faire son quart jusqu’à 1h. Josiane est toujours dans le cockpit. Elle dort d’un oeil ou fait un peu de lecture. François est couché dans le carré mais le sommeil est difficile à venir. Ça brasse beaucoup et il y a toutes sortes de bruits auxquels nous ne sommes plus habitués.

Jeudi 10 mai

À 0h50, FX retourne au lit et Josiane assure son quart jusqu’à 4h. Il y a quelques bateaux au loin mais rien de menaçant. Quelques éclairs allument le ciel au loin.

À 4h, Josiane réveille François. Vers 4h20, un gros orage s’active au nord. Il semble directement sur notre route. Nous filons voile et moteur car les batteries sont très basses et que le vent faiblit. 

François surveille l’orage de près. De nombreux et très puissants éclairs zèbrent le ciel et le capitaine n’est pas rassuré. Il modifie la route pour laisser l’orage prendre de l’avance. Nous éteignons le moteur afin de ralentir notre progression sur celui-ci.

Un orage c’est toujours impressionnant. Un orage seul en mer la nuit, c’est très impressionnant et celui-ci est particulièrement vigoureux. 

Si jamais la foudre tombe sur le mât, c’est tout le matériel électronique qui sera grillé. Nous avons un bateau d’acier donc il n’y a aucun problème de sécurité. 

Si jamais la foudre touchait le bateau, l’électricité sortirait pas la coque d’acier sans causer de dégâts. 

Cependant, si nous n’avons plus d’électronique...nous n’avons plus de carte, plus de radio, plus d’énergie à bord...ça ne serait pas drôle.   

Comme l’orage avance à la vitesse du vent, nous restons derrière. Vers 5h30, le jour se lève et l’activité orageuse disparait du même coup. François entend encore un peu de tonnerre mais très loin. Nous sommes hors de danger.

La mer est de plus en plus forte et toujours croisée. Nous nous faisons secouer le pommier !

Nous prenons la passe entre Fallen Jérusalem et Stoney Bay. C’est pas large, le courant est présent et nous sommes entourés de grosses roches. Josiane fait la surveillance à l’avant tandis que François ne laisse pas la carte des yeux pour être sûr de passer au bon endroit.

Une fois le cap passé, nous voyons The Baths, l’attraction principale des Iles vierges Britanniques (BVI). Ce sont d’immenses roches en bordure de mer. Il y a des grosses piscines créées par l’eau de mer et l’effet est saisissant. Nous y viendrons probablement samedi.

Nous mouillons à St-Thomas Bay juste devant le Virgin Gorda Yacht Harbour. Nous sautons dans l’annexe pour aller faire les formalités d’entrée au pays.

La suite... les Iles Vierges Britanniques