Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
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NAVIGATION ILES VIERGES AUX BERMUDES (880 MILES)

Lundi 21 mai

Après les formalités de sortie et les dernières courses, nous détachons les amarres, il est midi vingt.

Le vent est fort et nous devons remonter la côte jusqu'à une petite passe entre deux iles afin de nous permettre de naviguer vers le nord. Nous avançons à peine à 3,5 noeuds car en plus des 20 noeuds de vent, nous avons les vagues bien formées et le courant contre nous. Il nous faut plus de deux heures trente avant de lever les voiles. À 14h45, nous hissons la toile. La mer est agitée et nous nous faisons brassés. Nous prenons deux ris dans la grand voile pour la nuit.


Après le souper, les membres de l'équipage nourrissent les poissons...Il faudra s'amariner à nouveau.

Mardi 22 mai

Le vent entre 12 et 15 noeuds est confortable mais la mer est encore agitée. L'équipage est en pleine forme. Nous enlevons les ris de la grand-voile.

À 10h45, nous entendons un boom... Nous cherchons l'origine du bruit pour nous rendre compte que c'est l'attache du halebas sur la bôme qui s'est brisée. Nous avons oublié de la relâcher lors des manoeuvres. Merde ! *&%@$ Cette pièce est très solide mais la pression exercée par la voile est énorme. Nous étudions la situation pour trouver une solution rapide...Nous remontons au vent pour affaler les voiles afin de ne pas briser d’autres équipements. Cela nous permet de trouver une solution.

Nous utilisons une sangle pour remplacer le point d’attache. FX et Josiane attachent le tout autour de la bôme. C’est une réussite ! Même après 11 mois de navigation, il nous arrive encore de faire des erreurs de débutants !


Le bateau file bien et la mer est un peu plus confortable. 

Quelques minutes après l’incident de la bôme, nous entendons un autre boom ! Nous regardons tout de suite vers les poulies de l’écoute de grand voile...mais tout est beau. Notre réparation de halebas est impeccable aussi. Nous observons et cherchons l’origine du bruit...et François trouve la cause. C’est une barre du bossoir qui a cédé. Le bossoir nous permet de monter l’annexe à l’arrière du bateau. Le bossoir supporte aussi les panneaux solaires. Depuis que nous avons acheté notre nouveau moteur, le bossoir montre des signes de fatigue. Le moteur est plus lourd et cela a un impact sur la résistance de l’équipement.

Pour l’instant, François ne comprend pas pourquoi cette soudure a lâché. Cette barre ne supporte pas le poids de l’annexe. Nous installons une sangle au cas où. Nous observons le tout durant quelques minutes et tout semble correct. Nous ferons réparer tout cela chez Léo Leblanc aux Iles-de-la-Madeleine. 


Nous restons sur les dents durant quelques minutes en attente d’un autre bris...jamais deux sans trois. Mais tout est sous contrôle. La navigation revient à la normale.

Avant la nuit, nous prenons un ris dans la grand-voile pour être prudents en cas de grain durant la nuit.

Mercredi 23 mai

Le vent demeure constant et nous filons à 6.5 noeuds. C’est une très belle navigation. Nous avons fait 157 miles en 24 heures, c’est rapide pour Umialtak. 


Comme nous savons que le vent va tomber plus tard, c’est une excellente nouvelle. L'équipage en profite pour lire.


La journée se passe bien et nous filons à bonne allure. Pour passer le temps, les gars inventent des charades.

Jeudi 24 mai

Après une nuit sans histoire, nous démarrons le moteur afin de recharger les batteries. Nous avons parcouru 150 miles en 24 heures.

Notre consommation est importante avec le pilote automatique, le frigo, le lecteur de cartes, l’éclairage, les feux de navigation, la radio VHF... De plus, comme Josiane parle à la radio BLU à chaque matin, cela consomme beaucoup d’énergie. 

Une heure de fonctionnement du moteur permet d’augmenter la charge des batteries afin de compenser la consommation. Durant la journée, nos panneaux solaires rechargent les batteries de façon efficace. Habituellement, nous démarrons le moteur vers 7h le matin et vers 17h.

Vers 8h, nous apercevons un voilier sur notre bâbord. Il file à vive allure. Il est beaucoup plus gros que nous. 

Vers 17h30, nous croisons un cargo d’assez près. Il est toujours étonnant de voir apparaitre un navire en pleine mer et de croiser sa route de près. 


C’est pour cela que nous effectuons des quarts de veille la nuit. Nous pourrions dormir mais c’est comme jouer à la roulette russe...

Chacun se prépare pour son quart de nuit. Charlot assume celui de 20h à 22h.


Vendredi 25 mai

Le vent est de 12 à 14 noeuds et nous ralentissons un peu. Nous avons avancé de 138 miles en 24 heures.

À 13h15, nous démarrons le moteur car le vent est tombé. Pour le souper, FX nous prépare une bonne pizza.


Comme nous avançons à moteur, nous avons amplement d’énergie pour écouter un film sur l’ordinateur. La mer est comme un lac, il n’y a plus un souffle de vent.

Notre moteur assume la responsabilité de continuer à nous faire avancer vers les Bermudes.

Samedi 26 mai

Après une nuit sans problème, nous déroulons le génois afin de nous faire avancer un peu plus vite car il y a 5 noeuds de vent. Nous avons parcouru 118 miles en 24 heures.

Vers 9h, le vent continue de monter et nous décidons de hisser la grand-voile. Charlot conduit le bateau pendant que Josiane et François hisse la voile. CA est un excellent skipper. Nous filons à 5.5 noeuds. Nous sommes très heureux de naviguer à voiles.


Vers 14h, nous transférons du diesel du réservoir 3 au réservoir en charge. Nous estimons avoir consommé 100 litres de diesel jusqu’à ce moment. Nous avons 650 litres de diesel à bord d’Umialtak. C’est beaucoup et cela nous assure une grande autonomie.  Les garçons en profite pour faire des travaux scolaires.







En début de soirée, un poisson volant atterrit sur le dessus du bimini (la toile qui nous protège du soleil et de la pluie dans le cockpit) et fait faire le saut aux moussaillons qui écoutaient un film. Charlot s’occupe de les retourner à la mer.

Dimanche 27 mai

Après 24 heures, nous avons avancé de 134 miles. Nous sommes toujours à voile et moteur.

En après-midi, Josiane, Charlot et FX pêchent à l’avant du bateau. Nous voyons clairement les poissons suivre le bateau. Cependant, de nombreux oiseaux de mer nous accompagnent depuis quelques heures et eux-aussi veulent du poisson.


Ils se jettent littéralement sur l’appât au risque de s’accrocher dans les hameçons. Plusieurs stratégies sont mises en place pour éloigner les oiseaux... Charlot qui crie de s’en aller...sans succès, la corne de brume...sans succès, le klaxon de détresse...sans succès, le système le plus efficace est la gaffe.

FX maintient le leurre sous l’eau avec la gaffe et ainsi les oiseaux ne voient pas le leurre.

Les poissons bien présents tout juste à côté de l’appât ne mordent pas à la ligne ! Après deux heures, les pêcheurs se découragent et rendent les armes. 

En p.m., nous transférons encore approximativement 70 litres de diesel dans le réservoir en charge. Notre consommation est de 2.8 litres à l’heure. Nous en profitons pour prendre des photos avec le beau coucher de soleil sur la mer.


À 17h, il nous reste 54 miles à parcourir avant l’arrivée aux Bermudes. Nous devrons ralentir pour ne pas arriver de nuit.

Lundi 28 mai

À 3h30, Bermuda Radio communique avec nous en nous demandant de nous identifier. Ils nous demande d’aller directement au quai des douanes avec le bateau. C’est la première fois que nous recevons une telle demande lors de notre arrivée dans un pays. 

À 5h, nous sommes en approche finale de Town Cut et Josiane communique avec Bermuda Radio pour les dernières consignes.


À 5h30, nous sommes accostés au quai des douanes dans le lagon de St-Georges.

Il faut réveiller tous les membres de l’équipage pour se présenter aux douanes.

Nous remplissons tous les papiers exigés. Ils saisissent même nos fusils de détresse car ils considèrent cela comme des armes. Après avoir payé les droits d’entrée aux Bermudes (140 US$), nous allons nous ancrer juste à côté.

Josiane parle à la radio pour annoncer notre arrivée et se recouche car elle a très peu dormi cette nuit.

FX se rend à terre en annexe (à rames car le moteur est rangé dans les coffres) pour découvrir les lieux. Il fait 23 degrés et beau soleil.

François trouve un réseau Wi-Fi payant pour accéder à Internet au bateau. Il annonce notre arrivée sur le site et il met notre dernier montage vidéo en ligne. Nous skypons un peu.

En p.m., FX, Josiane et François vont à terre pour apprécier les lieux. 


L’architecture est très belle et les gens accueillants. Il y a beaucoup de touristes.


Souper au bateau et soirée calme. Nous sommes fatigués et nous couchons tôt.

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