Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
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DU 22 AU 28 NOVEMBRE - MINDELO AU CAP-VERT

Mardi 22 novembre

Tôt le matin, nous quittons le mouillage de Praia. La navigation au près est difficile à côté de l’île de Santiago. Le vent est fort entre les îles et on doit louvoyer.

Presque tous les membres d’équipage veulent faire demi-tour. L’amirale insiste, son instinct lui dicte qu’il faut aller à Mindelo.

Une fois passé le bout nord de l’île, nous pouvons faire route directement vers Mindelo au nord. Notre vaillant Simon Simrad (le pilote automatique) n’aime pas ce cap et fait la grève. Nous devons barrer ce qui est beaucoup plus fatigant. Ce sera ainsi toute la nuit. Le vent est fort et il y a plusieurs effets locaux autour de ces îles (courants, accélération du vent, vagues fortes, etc.). Le bateau est gîté, cogne dans les vagues, ce n’est pas confortable du tout. 

Nous sommes toujours au près serré avec un cap de 315. Une nuit difficile pour l’équipage. L’amirale encaisse les reproches des gars sans modifier son idée.

Mercredi 23 novembre

Navigation dans les mêmes conditions alors que nous longeons Ilheu Branco et Isla de Santa Luzia, une petite île inhabitée. 


Nous y apercevons même un voilier au mouillage. Le paysage est magnifique, nous retrouvons avec bonheur les caractéristiques des îles volcaniques.

Appuyé du moteur, Umialtak lutte contre les forts courants des canaux entre les îles. Nous longeons l’île de Sao Vicente pour découvrir Mindelo niché au fond de la baie.


Nous avançons à peine à 2.5 noeuds avec un vent de 20 noeuds et le moteur à fond ! Nous sommes fatigués et nous avons hâte d’arriver et le bateau n’avance pas. Le courant doit être de 4 à 5 noeuds contre nous. 

Nous apercevons la marina et surprise, c’est gros et il y a de nombreux voiliers ! 


D’où sortent-ils ? 

À 17h, nous amarrons au quai de la marina de Mindelo

La proue au quai et la poupe sur une pendille. Notre première expérience d’amarrage de ce type. Après plusieurs ajustements, nous sommes bien installés. 

Vivement la douche! 

Sur les pontons, nous rencontrons des jeunes (surtout des adolescentes) mais nos garçons sont timides et mis à part des salutations polies, n’établissent pas de véritables contacts. 

Trois équipages viennent nous voir dès notre arrivée pour nous rencontrer. Ils ont entendus parler de nous par le voilier L’Arrache-Coeur. Ils attendaient le voilier canadien.

Ici, tout le monde se prépare à partir pour la traversée, il flotte une frénésie palpable.

Quel plaisir de déambuler sur les quais! Deux magnifiques voiliers sont amarrés au bout de la marina: un superyacht (Pink Gin) de 155 pieds avec 9 membres d’équipage à bord et un petit voilier Swan (Varsovie) de 100 pieds.

Si vous êtes intéressés, il est disponible pour la location à 200 000 euros par semaine.

Ici, nous n’avons pas le plus haut mât !

Jeudi 24 novembre

Repos, ménage et travaux scolaires. Nous allons aussi accomplir les formalités et visiter la très jolie ville de Mindelo

Nous retrouvons Yves et Eveline du voilier Swey. Ils ont aussi qualifié cette navigation d’intense et costaude. Ils ont mis plus de 6 heures pour faire 5 miles car ils avaient opté pour le côté ouest de l’île et ils devaient donc remonter jusqu’à Mindelo face au courant et au vent (de plus de 25 noeuds).


Nous apercevons le voilier canadien Sailing Diver. Nous avions échangé des courriels au moment de la préparation du voyage. À plusieurs reprises, nous allons pour les rencontrer mais ils ne sont pas là. Finalement, ils quitteront avant même qu’on réussisse à se voir.

En après-midi, quelle surprise de voir arriver Jean-Marc sur son voilier La Licorne. De toutes les rencontres significatives, c’est le seul pour qui nous n’avions pas noté l’adresse courriel. 

Voilà pourquoi il fallait venir à Mindelo et retrouver Jean-Marc et son équipage (il est maintenant accompagné de sa conjointe et de deux couples d’amis) !

C’est eux qui était au mouillage à Santa Lucia!

Vendredi 25 novembre

La liste des préparatifs avant la traversée est longue et très diversifiée: vérifier l’huile moteur, faire le plein d’eau, fixer solidement l’annexe, vérifier l’antenne radio en haut du mât en plus de préparer les menus, dresser la liste pour l’avitaillement, placer les conserves à portée de la main, etc.

Depuis le Sénégal, nous faisions le lavage (le strict minimum) à la main. Ce matin, nous partons donc avec nos poches de lavage vers la laverie située à 1 km de la marina. 

Hourra! Nous y trouvons de belles grosses machines à laver. En ce vendredi matin, plusieurs capverdiens ont aussi décidé de faire leur lavage...toutes les machines sont prises. Nous devons attendre notre tour.

Les équipes se séparent pour plus d’efficacité. Josiane avait même pensé apporter un petit cahier de maths pour Charlot! Il est content de faire des maths assis sur un banc dans une laverie de Mindelo au Cap-Vert!!

Nous y croisons plusieurs équipages dont un composé de 4 enfants, 2 parents et un chien qui retournent au Canada. Nous avions d’ailleurs rencontré Océane et son petit frère sur les quais hier.

Lors d’un très agréable 7 à 9 sur La licorne, nous avons l’occasion de faire plus amples connaissances avec les amis de Jean-Marc. Serge fera la traversée vers le Brésil alors que les autres rentreront chez eux à Biarritz, en France. Martine fera le voyage en avion pour aller accueillir les gars à leur arrivée au Brésil.

Samedi 26 novembre

Nous nous levons tôt pour aller prendre le traversier qui nous mènera à l’île de Santo Antao, une des plus belles du Cap-Vert. Vu les délais, nous nous étions résignés à ne pas faire cette excursion mais Jean-Marc, qui l’a déjà visité il y a 18 ans, nous a convaincu d’y aller avec sa bande.

La traversée d’environ une heure se passe bien même si au départ les préposés distribuent de petits sacs bleus pour les coeurs sensibles.


Une fois à Porto Novo, nous sommes assaillis par les conducteurs d’aluguer (mini-bus à louer) qui veulent tous nous avoir comme clients.

Jean-Marc et Martine ont une amie à Ponta do sol de l’autre côté de l’île.

Finalement tout le joyeux groupe monte dans le pick-up de Carlos, un jeune fort sympathique. Nous sommes tous assis à l’arrière (9 passagers) et Serge monte devant avec le conducteur. Le véhicule est une petite camionnette Toyota et nous sommes installés à l’arrière comme dans le véhicule du safari au Sénégal.


Nous passons par la montagne en empruntant des routes sinueuses faites en pavé. Les panoramas sont splendides et de temps à autre notre chauffeur s’arrête pour nous permettre d’apprécier la beauté des paysages. Ce sont les contrastes qui nous surprennent. D’un côté, c’est sec et aride et de l’autre, c’est la forêt verdoyante avec de nombreuses variétés d’espèces florales et végétales. 


Habituellement, il y a plus de végétaux en bas de la montagne et moins en haut. Ici, c’est l’inverse ! Plus nous montons, plus il y a de verdure et d’arbres. C’est que les précipitations de pluie sont importante au sommet et presque nulle en bas.


Carlos s’arrête dans son village, sa mère nous offre le café. La communication n’est pas facile, ici, les gens parlent portugais. Avec un peu d’espagnol et de français, on finit par se comprendre.


Une fois à Ponta do sol, un joli village de pêcheurs, nous rencontrons Marie-France, une artiste française installée ici depuis quelques années. Pendant que les amis français mangent ensemble, l’équipage d’Umialtak fait une randonnée jusqu’au village agricole de Ribeira das Fontainhas construit sur un rocher face à l’océan.


Il y avait longtemps que nous n’avions fait de randonnée. C’est bien de se dégourdir un peu les jambes. 



Nous croisons des écoliers qui marchent pour retourner chez eux et qui sollicitent notre collaboration pour, ce qu’on pense avoir compris, un spectacle de Noël (!?). Nous les encourageons. La route est escarpée et sinueuse avec de très belles vues. Ils ont une randonnée de 3 km à faire chaque jour pour se rendre à l’école.


Pour le retour, nous empruntons la route côtière et profitons encore de panoramas splendides.


 À 17 h, nous reprenons le traversier vers Mindelo, Ile de Santiago, heureux d’avoir découvert cette magnifique île du Cap-Vert et rencontré des gens très sympathiques. Merci Jean-Marc! 

Dimanche 27 novembre

La journée est consacrée aux préparatifs sur le bateau. Ménage et popote. Josiane fait des muffins aux courgettes, des brownies, des carrés Rice Krispies, un riz au poulet, fait cuire des oeufs à la coque. 

FX trouve que malgré toute l’activité dans la cambuse, ça sent drôle dans le bateau. On s’aperçoit que nous avons un dégât d’eaux noires (le réservoir sanitaire déborde!). Ça pue! François, habitué à être à genoux dans le fond de la cale, nettoie le tout à grands renforts d’eau de javel. C’est carrément dégoutant.

Après analyse de la situation, François pense que nous n’avions pas complètement vider le réservoir lors de notre dernière évacuation en mer. Depuis notre arrivée à Mindelo, nous pompons dans celui-ci car nous sommes au quai. Le réservoir ayant une capacité limite, il a eu débordement dans un joint plus faible que les autres. L’important c’est que tout est maintenant nettoyé et que ça sente bon. C’est polyvalent un capitaine !?

Sur les quais, il y a un problème d’approvisionnement en eau. Pas moyen de laver le bateau. Nous réussissons par contre à faire le plein des réservoirs entre deux pannes.

En après-midi, chacun des membres d’équipage passe au clipper (à la tondeuse), même le capitaine. La coupe de cheveux requise pour une traversée est courte: plus facile d’entretien et économique sur l’eau!

Vers 18 h, les amis de La Licorne viennent prendre un verre sur Umialtak. L’embarquement n’est pas facile, il faut grimper sur l’ancre, la proue étant face au quai. Tout le monde y arrive et nous passons un très agréable moment ponctué d’une interprétation d’un chant basque. Les amis sont très impressionnés par le format Costco de notre sac de chips au sel de mer. François-Xavier est même invité à aller passer un mois à Biarritz pour faire du surf et visiter cette région de la France !


Avec les rencontres viennent aussi les adieux. C’est le coeur gros que nous nous saluons et nous souhaitons bon vent pour nos traversées! Demain, ils retournent pour un séjour de deux jours à Santo Antao, ils ne seront donc pas présents pour notre départ. 

Lundi 28 novembre

C’est le grand jour!

FX et Josiane vont compléter les formalités. Il faut récupérer les papiers du bateau auprès de la police maritime dans le port et ensuite faire estampiller les passeports au bureau de l’immigration. En moins d’une demi-heure et soulagés de 1200 escudos, nous pouvons quitter le pays.

Nous souhaitons trouver de la glace pour mettre dans le réfrigérateur, cela aide à conserver nos aliments en plus d’épargner un peu le compresseur du frigo et les batteries. 

A la marina, on nous a donné le nom d’un endroit où on peut en trouver. FX et Josiane prennent donc un taxi en partant du port. Josiane montre au chauffeur son bout de papier avec le nom de l’endroit. Pas de problème, pour 150 escudos, on y va.

Une fois engagé sur la route, Josiane lui dit que c’est pour de la glace, ice, hielo, gelo, brrrrr. Il semble comprendre mais dit que ce n’est certainement pas là où c’est écrit sur mon papier. 

Ah bon? Vous êtes certain? Oui oui, mais je vous amène au port.

On croit comprendre que l’autre endroit c’est pour de la vitre...de la glace, glass!

Ah, la barrière de la langue.

Après 10 minutes de taxi, on passe une grille et le chauffeur dirige le taxi vers un bâtiment tout au fond. Nous nous sentons observés.

Des pêcheurs sont en train de remplir de grands sacs de jute avec de la glace et les embarquent sur leur bateau. Ouf! Nous sommes au bon endroit, il y a de la glace

Le chauffeur descend, sonne et un jeune préposé arrive.

De la glace ? Pas de problème. Vous avez des sacs? Oui, oui. 

Nous repartons avec notre glace. Le taxi nous dépose à la marina. Nous nous précipitons vers le bateau pour mettre la glace dans des sacs de type ziplock et bien remplir le congélateur.

Pendant ce temps, François et Charlot ont fait les dernières courses, notamment l’achat de nombreux fruits et légumes. Il faut laver et ranger le tout.


Dernière douche, remise des clés à la marina, une bouchée avant de partir. 

Aidés de nos voisins de quai, nous larguons les amarres  à 13 h 50 UTC.

Adieu Mindelo!


Nous entamons la grande traversée vers les Antilles, près de 20 jours en mer.

Nous mettons aussi un terme à la première partie de ce voyage. La traversée sera le trait d’union entre le côté européen et africain de notre aventure et le côté antillais, nord-américain.

À bord, les sentiments sont mitigés. On sent un peu de nervosité mais aussi une excitation face à cette étape, ce grand défi qu’est une transat...


La suite...   Traversée Cap-Vert - Grenade 28 novembre au 15 décembre