Umialtak
Les aventures d'une famille en voilier
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JOURNAL DE BORD - été 2008
suivez nos aventures comme si vous y étiez. le mal de mer en moins !
 

De Saint-Paul aux Iles- éTÉ 2008

 

Mardi 10 juin
 
Mise à l’eau d’Umialtak. Nous le voyons flotter pour la première fois ! Petite randonnée vers le quai de Fort Lennox afin de pratiquer les manœuvres d’entrée au quai. Selon le capitaine, la bête est longue et lourde mais se dirige bien.
 

45 minutes après notre retour à la Marina Gagnon, un violent orage s’abat sur la région et fait beaucoup de dégâts. Grâce à la station Airmar, nous enregistrons des vents de 88 nœuds en tête de mât ! Les quais sont solides ! À proximité, plusieurs poteaux de téléphone sont sectionnés au centre et sept camions sont renversés sur le côté sur le Pont Champlain. Une première journée à l’eau qui aurait pu très mal tourner…
 

Samedi 14 juin
 

Party sur Umialtak, nous invitons parents et amis à venir visiter notre nouvelle acquisition. Comme Umialtak quittera vers les Iles, il s’agit d’une occasion unique de voir le voilier dans la région de Montréal. Plusieurs parents et amis sont au rendez-vous malgré le temps pluvieux. Nous en profitons pour célébrer le 40e anniversaire de François.

 

 

1) La rivière Richelieu
 

De Saint-Paul à Saint-Jean : lundi 16 juin
 

Le bateau est prêt, nous attendons le démâtage avec impatience et nervosité. Nous aurons le feu vert autour de 16 h. Le démâtage se fera sans problème et 500 $ plus tard, nous quitterons vers l’écluse de St-Jean. Sont à bord, François le capitaine, F-Xavier et Charles-Antoine, les enfants et Bobo.

 

Un autre bateau, un yacht de 60 pieds, quitte aussi Saint-Paul avec l’objectif de se rendre à Montréal dès le lendemain via les écluses de Chambly. Fort heureusement, nous arriverons avant lui à Saint-Jean puisqu’il a flâné à la marina après avoir fait le plein de fuel. Cela nous permettra de prendre l’écluse le lendemain (celle de l’après-midi) puisque deux autres bateaux attendent déjà pour écluser. Nous sommes en basse saison, il y a seulement 2 éclusages par jour, et avec la grosseur de notre voilier…nous remplissons à nous seuls les écluses. Quelle chance! Nous avons rendez-vous le surlendemain avec un grutier pour remâter le voilier. Il ne fallait pas manquer cet éclusage.

 
Un orage nous tombe dessus juste en arrivant à l'écluse de Saint-Jean. Josiane rejoindra l’équipage en soirée grâce au transport assuré par ses beaux-parents. Coucher aux écluses de Saint-Jean.
 

De Saint-Jean à Saint-Ours : mardi 17 juin

 
Éclusage à 13 h. Les écluses de Chambly comportent 9 écluses à traverser dont la majorité est manuelle. La préposée nous accompagne tout au long du parcours pour ouvrir ou tourner les ponts à notre arrivée. Les enfants participent aux manœuvres à certaines écluses. Nuageux, pluvieux en après-midi.  
 
L'entrée sera plus difficile à la dernière écluse. En effet, le capitaine était habitué à ce que le pont soit ouvert lorsque nous arrivions à sa hauteur. La préposée calculait notre vitesse et anticipait notre arrivée pour que le pont soit ouvert au bon moment. Les trois dernières écluses, situées à Chambly, oblige la rotation d'un pont. Celui-ci, beaucoup plus lent à s'ouvrir que les précédents nous obligera à ralentir...à arrêter et c'est à ce moment qu'une forte rafale fera tourner le bateau en travers dans le canal ! Impossible, même après plusieurs tentatives de faire revenir le bateau dans le droit chemin...La proposée nous parle sur VHF en nous disant: C'est à vous Umialtak...vous pouvez y aller Umialtak! Cela n'y change rien. Le (mot censuré) de bateau ne veut pas virer, le vent est trop fort dans le franc-bord. Le pas d'hélice tire d'un côté. On voit la grande file de voitures arrêtées en plein centre-ville de Chambly. Il faut rebrousser chemin et se diriger vers un élargissement du canal pour être en mesure de revenir à l'écluse. Question de faire baisser la tension, on demande à la préposée de refermer le pont.
 
Pour le deuxième essai nous utiliserons une stratégie différente. Nous arrêterons au quai d'attente plutôt que de faire une approche directe dans l'écluse. Cela se réalise sans problème et nous passerons les trois dernières écluses facilement.
 
Nous naviguerons sur la rivière Richelieu jusqu'à Saint-Ours où nous arrivons vers 19 h sous la pluie. Nous aurons la visite de Christine qui nous a vu passé devant sa maison sur la rivière. Josiane débarque. Retour à la maion avec Nathalie et Martyne. En soirée, les gars feront une petite visite du barrage. F.-Xavier se blesse à la cheville sans gravité.
 

De Saint-Ours à Sorel : mercredi 18 juin

 
Éclusage à Saint-Ours tôt le matin.
Mâtage à Sorel avec une grue que nous faisons venir près du quai car aucune potence n'est assez grosse pour notre mât de 59 pieds.
 

Nous aidons Magika à mâter. Ce voilier qui arrive du sud et se dirige vers Québec, nous avait précédé aux écluses de Chambly.

Installation à la marina de Saurel. Épreuve d'accostage bien réussie par le capitaine dans un emplacement très serré.
 

Sorel-Sorel : jeudi 19 juin

 
Journée pluvieuse. Installation des voiles et autres petits travaux sur le bateau qui a retrouvé son mât.
Installation des voiles.
 
Bobo fait du pain pour la première fois sur le bateau. Très réussi.
Les enfants se tiraillent une bonne partie de la journée, la température les contraignant à l'intérieur. Va falloir apprendre à s'occuper de manière plus constructive! 

En soirée, Josiane est de retour à bord, reconduite encore une fois par les parents de François. Leur aide est précieuse et très appréciée. Josiane apporte de nombreuses provisions pour le reste du voyage.
 

 
2) Le fleuve Saint-Laurent

 
De Sorel à Batiscan : vendredi 20 juin

 
Belle navigation au moteur sur le fleuve.
Dans la voie maritime, nous croisons quelques cargos.
Arrêt à la marina de Batiscan. Le capitaine de l'annexe nous fait visiter la rivière Batiscan dans son embarcation. Les gars profitent aussi de la piscine.
À quai, les maringouins sont très nombreux, plusieurs entrent dans le bateau parce que les moustiquaires sont installés tardivement. Charlot en tuera 100 juste dans sa cabine motivé par la promesse d'obtenir 1 sous pour chaque maringouin tué!
Très difficile de s'endormir quand on entend les bourdonnements de ces insectes dans nos oreilles. 

 
De Batiscan à Québec : samedi 21 juin

 
Autre journée de navigation à moteur. Petit bout à voile.
Découvrir Québec par le fleuve est nouveau pour tous les membres d'équipage. En ce beau samedi du début de l'été, beaucoup de  plaisanciers sur le fleuve. 
 
Entrée dans le Bassin Louise. Claude, avisé de notre arrivée, nous attend près des écluses. Nous nous amarrons au quai aux pieds des sillots à grains. En soirée nous assisterons au spectacle de Robert Lepage le Moulin à images, créé tout spécialement à l'occasion des festivités du 400e de Québec. 
 
Nous recevons la visite de Gaby et Carmen, les parents de François, accompagnés de tante Claudette. Petite promenade sur les quais et dans le Vieux-Québec. Marylène, la soeur d'Annie, notre amie des Iles nous visitera aussi avec son copain.
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De Québec à Saint-Jean-Port-Joli : dimanche 22 juin

 
Tôt le matin, Claude monte à bord. Josiane débarque, le cœur gros, elle reverra ses "gars" seulement aux Iles dans deux semaines. En espérant que tout se passe bien! Dès 9 h le matin, Umialtak sort du Bassin Louise, Josiane reste sur le quai. Elle retournera à Montréal avec ses beaux-parents. Encore une fois un service de transport fort apprécié. 
 

Belle journée de navigation. Le nouvel équipage se familiarise avec le bateau et apprend à se connaître. 
Arrêt à la marina de Saint-Jean-Port-Joli.
 

 
De Saint-Jean-Port-Joli aux Iles du Pot à l’eau de vie : lundi 23 juin
 
Belle journée de navigation au moteur. En quittant la marina, nous nous apercevons que nous avons perdu une grosse défense pendant la nuit. Bon, tant pis, nous en avons plusieurs!
 
Ce soir nous allons pour la première fois coucher à l'ancre près des Iles du Pot à l'eau de vie (Brandy Pot) au beau milieu du fleuve près de Rivière-du-loup. Une fois ancrée, François et les gars font un petit tour avec l'annexe et aperçoivent de nombreuses espèces d'oiseaux: des éders, des guillemots, etc... C'est un mouillage exceptionnel, calme et d'une grande beauté.
 

 
Des Iles du Pot à l’eau de vie à Tadoussac : mardi 24 juin
 

Après une très bonne nuit de sommeil, nous levons l'ancre en direction de Tadoussac. C'est une portion du fleuve pas toujours facile à naviguer mais tout se passe bien. Journée ensoleillée, bon vent mais nous faisons seulement du moteur.
 
En approchant de la marina, nous perdons une autre défense. Ce sera une pratique de manoeuvre d'homme à la mer et nous finissons par la récupérer. Pendant que nous tournons autour de la défense, les gars crient de joie car ils aperçoivent des bélugas. Les adultes sont trop concentrés par les manoeuvres pour apprécier le spectacle. Chose certaine, nous ferons une révision des noeuds à utiliser pour bien attacher les défenses!
 
L'équipage prendra un copieux souper à l’Hôtel Tadoussac. Les enfants en garderont un très bon souvenir. Charles-Antoine se souvient encore de ses six assiettes de crevettes! 
Petites courses au retour et marche dans les sentiers à la jonction du Saguenay et du fleuve.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3) LE GOLFE SAINT-LAURENT

 
De Tadoussac à Rimouski : mercredi 25 juin

 
Vents faibles mais journée ensoleillée. Nous levons les voiles et tout l'équipage scrute l'horizon à la recherche de baleines. Nous en apercevrons quelques unes au loin et quelque phoques curieux viennent nous voir d'un peu plus près.
Après une bonne journée de navigation majoritairement au moteur, nous arrivons à Rimouski.
 

Bobo travaille sur le bateau, le reste de l'équipage va faire des courses. Les gars marchent devant Claude et François quand ce dernier les rappelle pour leur montrer une voiture modifiée dans le fond d'une cour. Les gars reviennent sur leurs pas, admirent la voiture et repartent. Quelques secondes après, surgit du coin de la rue un orignal qui gallope! Si les gars ne s'étaient pas arrêtés, il est certain qu'un (ou même plusieurs) d'entre eux se seraient faits frapper et sûrement blessés gravement par cet animal affolé aussi gros qu'un cheval! La surprise est grande et c'est plus tard en racontant cette aventure qu'ils réalisent la chance qu'ils ont eue. François est certain que quelqu'un quelque part les a protégé en les faisant s'arrêter à ce moment bien précis. Et encore selon François, c'est à partir de ce moment que les malheurs ont commencé...  

 
De Rimouski à Matane : jeudi 26 juin - Une journée et une nuit mémorable ! 

 
Encore aujourd'hui le nordet nous oblige à naviguer au moteur. C'est donc le nez dans le vent qu'Umialtak avance dans les vagues. Il ne fait pas très chaud. Les tuques sont de mises sur le fleuve. Ce n'est pas une navigation des plus confortables.
En début de soirée, l'équipage sait qu'il arrivera tard à Matane, il reste encore quelques 12 miles à parcourir, il est 20 h 30 et l'équipage est fatigué.
Soudain, bouuuuu le moteur s'éteint. Le capitaine laisse échapper un juron, les membres d'équipage se regardent d'un air inquiet. Bobo descend dans la cale et après vérifications, confirme ce que tous craignait: panne sèche! Comment est-ce possible? Nous devons avoir 1352 litres de fuel à bord, selon les dires de l'ancien propriétaire. Notre réservoir en charge (day tank) est complètement à sec ainsi que notre premier réservoir de réserve. Notre troisième réservoir de réserve est plein mais nous sommes incapables de transférer le fuel dans la day tank. Le réservoir a été branché à l'envers (nous le découvrirons un peu plus tard lors du plein de diesel à Matane). Nous tentons de redémarrer le moteur avec notre 5 gallons de fuel de réserve mais il est impossible d'enlever l'air dans le circuit d'alimentation en carburant puisque nos réservoirs sont plus bas que le filtre primaire. Résultat, du diesel renversé partout dans le compartiment moteur et un moteur qui ne démarrera jamais...
 
L'odeur dans le bateau est très forte et en entrant pour aller prendre la position GPS du bateau, le capitaine doit ressortir, l'odeur l'obligeant à se pencher par-dessus bord.
 
Le capitaine et l'équipage font le point: Il est près de 21 heures, il fait presque noir et nous dérivons vers la côte. Compte tenu des vagues, le bateau est assez incomfortable et selon les prévisions météo le vent doit monter jusqu'à minuit pour diminuer par la suite.
Charlot est déjà couché, il ne sera donc pas témoin de toute cette mésaventure.
 
Le capitaine, qui ne souhaite pas mettre son équipage en danger décide de communiquer avec la Garde Côtière. Il faut donc retourner à l'intérieur dans le bordel et l'odeur de fuel pour parler au radio VHF.
 
François ressort les petites fiches plastifiées déjà préparées à utiliser en cas d'urgence. Nous ne sommes pas en danger de mort, il ne faut pas utiliser le mayday mayday. Pour les pannes, c'est la formulation pan pan qu'il faut utiliser.
 
PAN PAN PAN PAN PAN PAN
TOUTES STATIONS TOUTES STATIONS TOUTES STATIONS
Ici
UMIALTAK UMIALTAK UMIALTAK
Sommes à 12 miles de Matane
Avons panne moteur
Demandons touage jusqu'à Matane
UMIALTAK
RÉPONDEZ
 
Radio Garde Côtière Escoumins nous répond instantanément. Ils prennent notre position GPS exacte et font un appel à toutes stations afin de trouver un bateau pour nous aider. Nous entendons leurs appels mais il n'y a aucune réponse. Il n'y a aucun bateau dans les parages pour nous aider. La Garde Cotière cherche d'autres solutions, il nous reviendront sous peu.
 
Pendant ce temps, nous réfléchissons vite et décidons de hisser les voiles et de naviguer toute la nuit en direction de Matane pour y arriver à la levée du jour. François recontacte la Garde Cotière pour annuler le remorquage.
 
Un bateau de la Garde Côtière est à Tadoussac (à plus de 100 miles de nous) et se dirige maintenant vers nous. Leur heure prévue d'arrivée est minuit trente, ils ne retourneront pas et n'annulent pas le remorquage.
 
Nous hissons les voiles et nous naviguons au près vers Baie Comeau. Le bateau s'incline et il fait maintenant noir. Nous observons derrière le bateau une trace phosporescente impressionnante. Le spectacle est très beau malgré la situation si peu attendue.
En contact radio constant avec la Radio Garde Côtière Escoumins, le bateau  Cap D'espoir nous rejoint finalement vers deux heures du matin.
 
Nous les voyons venir de loin avec leurs gyrophares. Le capitaine se renseigne sur les manoeuvres à effectuer. Il faut se rappeler qu'à l'hiver 2008, un bateau de pêche des Iles a coulé en se faisant remorquer par la Garde Cotière, quatre pêcheurs sont morts...Rien qui nous rassure sur l'opération qui s'en vient.
 
Suite au signal du capitaine du Cap D'espoir, nous affalons les voiles et les manoeuvres de remorquage se passent bien. Le personnel est très compétent et attentif à la manoeuvre. Bravo pour leur professionnalisme.
 
Impossible de rentrer à la marina des bateaux de plaisance car le  chenal d'accès est trop étroit pour les deux bateaux. La Garde Cotière nous dépose le long des quais du port commercial mais ceux-ci ne sont pas adaptés à notre embarcation. Nous ne pouvons même pas aller sur le quai situé 12 pieds plus haut que le pont du voilier !
 
Nous suggérons d`être reconduits dans le port de pêche. Le seul endroit libre est le quai de glaçage des crevettiers. Il est bien écrit de ne pas se stationner là mais nous n'avons d'autres choix.
 
Le capitaine du Cap d'Espoir rempli un petit rapport pour ses dossiers et épuisé, l'équipage s'endort rapidement, il est 4 h du matin. 
  

 
De Matane à Matane : vendredi 27 juin
 
Dès 7 h, le capitaine fourbu doit faire face à une dizaine de pêcheurs perplexes qui regardent le voilier.
 
François explique la situation à leur patron qui lui dit de ne pas s'inquièter, il peut rester là encore quelques temps et ils pourront le déplacer avec les amarres si nécessaire.
 
Conscient que des réparations seront à faire sur le moteur, le capitaine lui demande s'il ne connait pas un mécanicien. On lui réfère sans hésiter le capitaine d'un crevettier: Richard. Au même moment celui-ci arrive à bord de son camion. François lui explique rapidement la situation et Richard accompagne François sur le bateau à la grande surprise de Bobo et Claude qui se réveillent à peine et qui ne comprennent pas qui est cet homme.
Sans hésiter, il identifie rapidement le problème. Bobo doit installer une petite pompe pour nous permettre d'enlever l'air dans le système d'alimentation en carburant. Cette pompe nous permettra de "craquer" le moteur. Richard nous fournit du diesel pour être en mesure de redémarrer et en suivant les conseils de notre nouvel ami, le moteur fonctionne à nouveau. Hourra!!
 
Surpris et heureux de cette chance inespérée, le capitaine se réjouit en voyant arriver un camion-citerne de fuel. Malheureusement ce dernier ne peut faire le plein dans un voilier, l'embout de sa pompe étant trop gros et son fuel réservé à un usage commercial. 
 
Richard ira à nouveau à son bateau chercher du fuel qu'il mettra dans un réservoir et une autre réserve dans une chaudière pour permettre à Umialtak de se rendre à la marina située à un mile nautique. François le remercie chaleureusement et malgré son refus lui remet quelques billets.
 
Le vent est encore du nord-est et les vagues bien formées. La manoeuvre est délicate. Bobo accroupi dans la cale, doit tenir un tuyau dans une chaudière. Le capitaine doit barrer face aux vagues jusqu'à la marina.
 
C'est à cet instant particulièrement chargé en tension que Josiane téléphone pour prendre des nouvelles. Bien calme, Charles-Antoine lui répond en disant: "Hier nous avons vu un orignal à Rimouski (ne sachant pas toute l'histoire, cette information ne paraît pas anormale), et cette nuit nous nous sommes faits remorquer par la Garde Côtière". Josiane dit alors: "Passe-moi ton père!"
François répond d'une voix nerveuse: "On a fait une panne sèche, je ne peux pas te parler maintenant, rappelle dans une heure!"
Petit moment d'angoisse pour Josiane qui est au bureau et ne sait pas ce qui se passe.
 
Pendant ce temps sur le bateau, Bobo crie:"Le premier réservoir est vide, il nous reste le fond de la chaudière!"
En entendant cela, le capitaine s'inquiète de ne pas y arriver et de faire une autre panne sèche. Ils approchent de la digue d'entrée de la marina. Soudain les vagues disparaissent, protégé par le brise-lame, Umialtak file doucement vers la marina. 
 
Arrêt au quai de services. Le capitaine demande avec soulagement à la préposée de faire le plein. Ouf! 
Peu importe le prix (1,70$ le litre de diesel), remplissez-moi ça à ras-bord!
 
Les cadrans de la pompe à essence ne cessent de tourner. François, un peu inquiet de la quantité de fuel qui entre dans le réservoir en charge demande à Bobo d'aller vérifier la cale. Quelques secondes plus tard un cri retentit des cales: ARRÊTE !!!
 
D'un bond le capitaine descend dans la cale et aperçoit une des choses qui ne doit pas arriver dans un bateau: un débordement de fuel!! Juron! juron! En plus de devoir ramasser cet immense dégât, voilà bien quelques dizaines de dollars perdus.
 
Ne se laissant pas abattre,  Bobo et le capitaine épongent le fuel pendant plus de deux heures. C'est ainsi qu'ils découvriront les qualités du Purell pour enlever l'odeur de fuel dans le bateau. Le débordement a été causé par un "fiting" mal installé sur le dessus du 3e réservoir. Les filets du " fiting" vissé croche laissent passer le fuel car, de plus, le réservoir est branché à l'envers et l'entrée d'air du réservoir en charge se déverse dans le 3e réservoir déjà plein ! C'est comme une fontaine et ça coule chaque côté !   
 
Cette autre épreuve à peine terminée, Richard leur rend visite et apprend avec stupéfaction les péripéties de la journée. Heureusement la bière, le poisson fumé et l'immense sac de crevettes qu'il a apporté réjouissent l'équipage et détendent l'atmosphère.
 
Richard invite l'équipage au restaurant. C'est dans sa camionnette qu'ils iront tous souper en ville et passer une fort agréable soirée avec leur "sauveur". Josiane aura réussi à parler à François. Tout est bien qui finit bien et tout le monde est en sécurité.
Au moment de se coucher, personne ne se fait prier pour s'endormir. Richard restera à jamais gravé dans nos mémoires comme le bon gars de Matane.

 

  

De Matane à Matane : samedi 28 juin
 
Après tant d'émotions, l'équipage profite d'une journée à quai pour se reposer un peu, faire du lavage et quelques courses. Richard qui prend la mer avec son équipage à 12 h 30 viendra faire ses adieux vers midi. Nous le remercions encore et lui souhaitons une bonne pêche.
  
 
De Matane à Ste-Anne-des-Monts : dimanche 29 juin
 

L'équipage reprendra la mer aujourd'hui.
Navigation tranquille au moteur (qui fonctionne rondement), le vent étant toujours de l'est. Les tuques sont de mise sur le fleuve.
 
 
De Ste-Anne-des-Monts à Ste-Anne-des-Monts : lundi 30 juin

 

Dès le départ, le froid, la pluie et un clapot très inconfortable rendent la navigation difficile. 
Charles-Antoine se réveille alors que le voilier avance difficilement dans la vague. Quelques minutes plus tard, il est malade.  

Rapidement le capitaine prend la décision de retourner à la marina de Ste-Anne-des-Monts et d'attendre une météo plus clémente. 

Ce sera donc une autre journée à terre. Les enfants et le capitaine en profiteront pour visiter L'Aquamer. Il en garderont d'ailleurs un excellent souvenir ayant fait de nombreux apprentissages. 

 
De Ste-Anne-des-Monts à Rivière-au-Renard : mardi 1er juillet

 
Grosse journée en vue: on souhaite se rendre à Rivière-Madeleine (50 miles). Temps nuageux, température très fraîche mais le vent souffle enfin de l'ouest. On pourra hisser les voiles. La dernière fois nous avions une prise de ris, nous étions en pleine navigation de nuit en attente d'un remorquage. Cette fois, en tentant de hisser la voile sous la pluie, les coulisseaux restent bloqués. Ensuite croyant le problème réglé, le capitaine force un peu et entend soudainement un grand bruit. Il lève la tête et ô malheur, il aperçoit une déchirure de 3 pieds de long au centre de la grand-voile. Personne n'avait vu une garcette encore attachée.  Après avoir dit plusieurs jurons, assis dans le cockpit, le capitaine sent un sentiment de découragement le gagner. Quelle galère! 
 
La route se poursuivra au moteur! Le vent nous aide tout de même et nous décidons de rallier Rivière-au-Renard.
Après une très longue journée, ponctuée elle aussi par un malheur, nous arrivons enfin à Rivière-au-Renard. Au moment de l'approche, le capitaine réussit parfaitement son accostage mais Claude fait une fausse manoeuvre et tombe à l'eau vêtu de son ciré. Légèrement blessé à la main, il grimpe rapidement sur le quai et passera la soirée à faire sècher ses fringues. Avec le recul, cette mésaventure amusera l'équipage, détendant ainsi l'atmosphère sur le bateau.  

 
De Rivière-au-Renard à Rivière-au-Renard : mercredi 2 juillet

 
Tôt le matin, le capitaine cherche une voilerie. Les bateaux de pêche sont beaucoup plus populaires que les voiliers dans cette région. Chez Entreprises maritimes Bouchard ( Richard (le sauveur de Matane) avait suggéré au capitaine de se procurer des pièces pour le moteur à cet endroit), on lui réfère un endroit où on répare les filets de pêche, situé dans un village voisin à plus de 20 km. Le capitaine rappelle à l'interlocuteur qu'il est en bateau, qu'il n'a pas de voiture et que sa voile pèse plus de 50 kilos. Sans aucune hésitation, il lui propose de prendre son camion. Enchantés par cette généreuse proposition, le capitaine et l'équipage enlèvent la voile de la bôme. François et F.-Xavier partent, dans le camion prêté, avec la voile déchirée et une voile supplémentaire qui servira à faire la réparation.
 
Pendant plus de deux heures, le jeune employé travaille à réparer la voile. Le travail est impeccable et ne coûte pas trop cher.  Le capitaine retrouve sa bonne humeur. Sur le chemin du retour, il cherche en vain une station essence pour faire le plein en guise de remerciement. De retour à la marina, il mentionne au propriétaire du camion qu'il n'a pas trouvé d'essence. Ce dernier lui dit de ne pas s'inquièter avec ça et de remettre les clés sur le tableau de bord. Encore une démonstration de l'entraide et de la générosité des pêcheurs. 
Le reste de la journée servira aux préparatifs pour la traversée aux Iles de la Madeleine.

 
De Rivière-au-Renard à Havre-Aubert : jeudi 3 juillet et vendredi 4 juillet

 
Tôt le matin, Umialtak quitte Rivière-au-Renard. Le plan de route a été communiqué à la Garde Côtière. On annonce que le vent sera favorable pour la traversée.
La journée se passe bien, la nuit en mer est agitée. Les vents annoncés ne sont pas encore dans la bonne direction. On navigue au près très serré en regardant constamment le compas. Des vagues d'une douzaine de pieds passent en travers. L'équipage dort dans le carré. Les adultes font des quarts. La navigation est exigente, le pilote automatique ne fonctionne toujours pas. Les pêcheurs madelinots n'iront pas à la pêche aux homards cette nuit là, trop de vent...
 
À l'aube, après 22 heures de navigation, le Corps mort (une petite île au large des Iles de la Madeleine) est en vue. Terre! terre! 

Pour se rendre à la marina de Havre-Aubert, nous devrons contourner le Sandy Hook. Encore quelques heures de navigation avant notre arrivée au quai de Havre-Aubert, nous en profitons pour faire un peu de ménage à bord.
 
Vers 9 h un appel téléphonique à la maison surprendra Josiane et sa mère arrivées aux Iles depuis plusieurs jours.  L'équipage d'Umialtak sera accueilli par un important comité d’accueil.
 

30 heures de navigation pour 165 miles nautiques: L'équipage est fatigué mais heureux d’être enfin arrivé aux Iles.
 
 
 
L’ÉTÉ AUX ILES

 
Suite à notre arrivée, Umialtak restera deux nuits à la marina Les plaisanciers du Havre compte tenu que notre corps mort n'est pas encore installé. La troisième journée, pour sauver un peu d'argent, nous décidons de mettre le voilier à l’ancre dans la baie. Après avoir vérifié que l'ancre tient bien, nous quittons vers la maison.
 
Lors de notre arrivée à la marina le lendemain matin nous remarquons qu'Umialtak est drôlement positionné. Habituellement, le voilier demeure nez dans le vent et non pas de travers à celui-ci...! En s'approchant nous réalisons rapidement que le voilier est échoué. Il faut faire vite. Nous tentons de tirer le voilier avec l'ancre en utilisant le guindeau mais avec le fond plein d'algues, l'ancre ne s'aggripe pas au fond. Avant notre départ, nous avions abaissé la quille de 2 pieds et, heureusement, c'est elle qui touche le fond. Nous avons encore de l'eau sous l'hélice et nous démarrons le moteur, maintenant baptisé Ricky Perkins en l'honneur de Richard, notre sauveur de Matane, pour déplacer les 35 000 livres de  l'embarcation. Nous relevons la quille au même moment et le bateau se dégage ! Nous nous installerons sur le corps mort de Martel Leblanc qui nous le prêtera très gentiment.
 
La priorité du lendemain sera l'installation du corps mort (tangon) qui nous est prêté par Camille Jomphe. Il faut installé la chaine sur une immense chaîne attachée à un gros bloc de ciment calé dans la vase. Avec la patience et l'expertise de Camille, nous installerons notre nouvelle chaîne et ainsi nous ne serons pas inquiet lors de grands vents. Nous n'avons pas vraiment le choix car les marinas de Havre-Aubert et de Cap-aux-Meules ne peuvent nous accueillir pour l'été compte tenu de l'espace disponible et de la grosseur de notre voilier. De toute façon, le bateau est très bien dans la baie.
 
Nous profitons du magnifique plan d'eau autour des Iles pour réaliser quelques journées de navigation dans la Baie de Plaisance, faire un tour de l’Ile d’entrée avec Carole et Roger, aller se baigner au Sandy Hook avec Annie et visiter l’Ile d’entrée avec les amis récréos (9 à bord, c'est plus confortable que sur un Tanzer 22 !).
 
L'équipage a besoin de pratiquer ensemble car le capitaine est insatisfait des performances lors des virements de bord. Il faut développer nos réflexes et nos habiletés.
 
Le 26 juillet, nous participons à la Régate Desjardins pour la 2e fois. Notre embarcation est légèrement différente que lors de notre première expérience! Le vent fort est idéal pour nous. Nous gardons toute la toile et notre performance en surprend plusieurs. En gîtant sur tribord, il ne faut pas oublier de mettre le bouchon dans l’évier de la salle de bain ou fermer le passe-coque...
 
Le gros vert, comme le surnomme quelques capitaines, a montré qu'il peut performer même s'il pèse 35 000 livres. Carole et Roger sont à bord pour réaliser cette régate. Leurs conseils sont toujours judicieux. Nous arrivons finalement 2sur plus de 20 bateaux.
 
 

Escapade à Chéticamp en Nouvelle-Écosse du 17 juillet au 21 juillet

 
Nous levons l'ancre à 4 h 40 (le matin !) et assistons à un magnifique lever du soleil. Juste après l'Ile d'entrée, nous apercevons une baleine à quelques mètres derrière le voilier. Quelle sensation de voir ces immenses animaux frolés notre embarcation. Les jeunes garçons sont incommodés au réveil mais cela se replace après quelques minutes. 
 
Nous naviguons bâbord amure pour plus de 50 miles. C'est très agréable de naviguer avec le pilote automatique. C'est silencieux, ça tient le cap mieux qu'un barreur et ça nous permet de profiter du paysage.
 
Nous accostons au quai à 17 h. Cette même soirée, nous assistons à un spectacle mettant en vedette de jeunes artistes locaux, la Soirée chez Gélas. 
 
 
 

Les vents ne sont pas favorables pour traverser à l'Ile-du-Prince-Édouard. Nous restons donc à Chéticamp. F.-Xavier s’initie au tapis hooké, une technique artisanale très répandue à Chéticamp. Nous quittons le bateau et nous nous rendons à l’accueil du Parc des Hautes-Terres du Cap-Breton en taxi. François cherche une auto à louer mais en vain. Aucune location possible. Nous réaliserons une belle journée de randonnée dans le Cabot Trail.
 

 Nous profiterons d'une belle journée de navigation au retour.

À l’approche des Iles, le vent forcit à plus de 25 noeuds. Il faut encore pratiquer les virements de bord!
 

Après encore quelques belles journées de navigation, une question importante nous préoccupe: où entreposer le bateau?  Après plusieurs démarches et recherches, Camille et Suzanne Leblanc accepteront d'accueillir Umialtak sur le terrain des Entreprises Léo Leblanc. C'est notre seule possibilité pour les Iles car il faut le travellift pour sortir le bateau et il se situe à Cap-aux-Meules. Le parc des pêcheurs est plein et plusieurs bateaux de pêche sont sur une liste d'attente. Nous remercions grandement les Leblanc pour l'accueil d'Umialtak.
 

La sortie de l’eau se fera le 12 août. Par la suite, frottage et préparation pour l'hivernage. Nous en profitons pour faire faire une évaluation du bateau pour les assurances. Nous serons moins inquiets de savoir le bateau assuré (il ne l'était pas encore!).
 

Notre station météo Airmar en tête de mât doit être réparée. Finalement, il faudra la changer...C'est rare que cela arrive et malheureusement elle n'est plus garantie...
 

Umialtak est maintenant au repos pour l’hiver !